La FHF a officialisé ce samedi la nomination de l’Espagnol David Badía Cequier, ancien formateur du FC Barcelone et adjoint à Fenerbahçe et Antalyaspor, au poste de sélectionneur des Grenadiers, mettant fin à plusieurs semaines d’incertitude depuis le départ de Sébastien Migné.

Le suspense a finalement pris fin. Après plusieurs semaines d’attente et plus d’une trentaine de candidatures étudiées, la Fédération Haïtienne de Football a officialisé ce samedi 22 août la nomination de l’Espagnol David Badía Cequier au poste de sélectionneur de l’équipe nationale masculine des Grenadiers. Une annonce qui met fin à un feuilleton entamé après le départ à l’amiable de Sébastien Migné, désormais installé sur le banc du Gabon.
Une nomination annoncée directement sur les réseaux sociaux
C’est via ses différents comptes officiels que la FHF a choisi de rendre publique cette décision très attendue, sans attendre la reprise des compétitions internationales pour officialiser l’arrivée du technicien espagnol. Une communication directe qui traduit la volonté de la Fédération de lever rapidement le voile sur ce dossier, alors que la sélection haïtienne doit préparer plusieurs échéances majeures de la Concacaf dans les prochaines semaines, à commencer par le début de la Ligue des Nations le 24 septembre face à Trinité-et-Tobago.
Qui est David Badía Cequier ?
Âgé de 51 ans, David Badía est originaire de Gavà, une commune de la province de Barcelone, en Catalogne. Son parcours de joueur, modeste, l’a vu évoluer comme défenseur central au sein de clubs catalans comme le CF Gavà, le CE Europa et le CE Premià, avant de connaître une expérience de trois saisons en Autriche, du côté du Sturm Graz, entre 2001 et 2004. Une blessure au genou met un terme prématuré à sa carrière de joueur, l’orientant alors vers le métier d’entraîneur.
C’est au sein du centre de formation du FC Barcelone que David Badía fait ses véritables débuts sur le banc, où il officie de 2012 à 2016 comme technicien du football de base, avant de diriger l’école du club catalan à Istanbul entre 2014 et 2016. Cette double casquette, entre formation des jeunes et développement international, dessine déjà les contours du profil pédagogique qui semble avoir séduit la Fédération Haïtienne de Football pour ce nouveau projet.
Une expérience internationale variée avant Haïti
Après son passage barcelonais, David Badía s’installe en Turquie, où il rejoint en août 2016 le banc de l’Antalyaspor comme adjoint, sous la direction de Riza Çalimbay. Le 7 décembre 2017, il prend même les rênes de l’équipe première par intérim, à la suite du limogeage de Leonardo Araújo, dirigeant l’équipe le temps de quatre rencontres. Il rejoint ensuite Fenerbahçe comme entraîneur adjoint entre 2018 et 2019, avant un nouveau passage comme adjoint du côté de l’UD Almería, en Espagne, entre 2019 et 2021.
Sa carrière prend ensuite une tournure plus autonome à Chypre, où il dirige successivement l’Ethnikos Achna, l’AEK Larnaca, avec qui il dispute les tours préliminaires de la Ligue des champions, puis l’Akritas Chlorakas. Son parcours se poursuit en Pologne, du côté du Lechia Gdańsk, avant un retour à l’Ethnikos Achna entre 2024 et 2025, dernier poste occupé avant sa nomination à la tête de la sélection haïtienne.
Un profil axé sur la formation et la méthodologie
Le parcours de David Badía, marqué par un passage prolongé dans le développement des jeunes talents au sein de l’une des institutions de formation les plus réputées du monde, tranche avec celui de son prédécesseur Sébastien Migné, davantage rompu aux joutes de sélections nationales africaines et caribéennes. Sur son propre site professionnel, le technicien catalan se présente comme un entraîneur détenteur de la licence UEFA Pro, mettant en avant une approche construite autour de la méthodologie, du leadership et de la haute performance, des principes qui devront désormais s’adapter aux réalités bien particulières du football haïtien.
La fin d’un feuilleton entamé après le départ de Migné
Cette nomination met un terme à plusieurs semaines d’incertitude pour la sélection haïtienne, orpheline de sélectionneur depuis la séparation à l’amiable actée avec Sébastien Migné, qui a depuis rebondi sur le banc du Gabon. Ce dossier avait notamment été marqué par le refus de l’Espagnol Ernesto Valverde, ancien technicien du FC Barcelone, de rejoindre le projet haïtien, ainsi que par des interrogations répétées sur la transparence du processus de sélection mené par la Fédération, administrée par un Comité de Normalisation.
Avec l’arrivée de David Badía, la FHF referme ce chapitre et ouvre une nouvelle ère pour les Grenadiers, dans la continuité de la dynamique exceptionnelle enclenchée par la qualification historique pour la Coupe du Monde 2026, cinquante-deux ans après la première participation du pays à la compétition.
Un défi immédiat : la Ligue des Nations Concacaf
Le nouveau sélectionneur haïtien n’aura pas le luxe d’une longue période d’adaptation. Sa première mission consistera à préparer la sélection pour le début de la Ligue des Nations Concacaf, dont le premier match est prévu le 24 septembre face à Trinité-et-Tobago, dans le cadre d’un groupe A particulièrement relevé comprenant également le Costa Rica, Curaçao, le Nicaragua et la République dominicaine. Une compétition qui servira également de tremplin vers la qualification pour la Gold Cup 2027.
David Badía devra également composer avec les contraintes logistiques bien connues de la sélection haïtienne, qui ne dispute plus de rencontres à domicile sur son propre sol depuis 2021 en raison de la crise sécuritaire persistante dans le pays, les matchs à domicile devant être délocalisés, la Jamaïque ayant récemment été confirmée comme terre d’accueil pour les prochaines échéances des Grenadiers.
Ce que cette nomination représente pour le football haïtien
Au-delà du seul choix technique, cette nomination marque une nouvelle étape dans la structuration du projet sportif haïtien post-Mondial. Le profil de David Badía, formé dans l’une des académies les plus reconnues du monde et rompu à la gestion de projets sur la durée dans des championnats variés, entre la Turquie, Chypre et la Pologne, laisse entrevoir une volonté de la FHF de miser sur la continuité méthodologique plutôt que sur la seule notoriété immédiate d’un nom, une leçon peut-être tirée de l’échec des discussions avec des profils plus prestigieux comme celui d’Ernesto Valverde.
Conclusion
Après plusieurs semaines d’attente qui ont mis à l’épreuve la patience des observateurs et des supporters du football haïtien, la Fédération a donc tranché en faveur de David Badía Cequier, un technicien espagnol au parcours international varié et à la solide expérience de formateur. Reste désormais au nouveau sélectionneur des Grenadiers à démontrer, dès le 24 septembre face à Trinité-et-Tobago, que ce choix permettra à la sélection haïtienne de poursuivre sur la lancée de sa qualification mondiale historique.

