Crise à la FIFA : l’Europe entière menace de boycotter la Coupe du Monde, Infantino sous pression

La bataille entre la FIFA et l’UEFA vient de franchir un cap. Ce qui n’était il y a quelques jours qu’un désaccord de communiqués se transforme désormais en une véritable menace de crise diplomatique dans le football mondial : plusieurs grandes nations européennes envisageraient sérieusement de boycotter une prochaine Coupe du Monde si Gianni Infantino persiste dans son projet de vendre des parts du tournoi à des investisseurs privés.

D’où vient cette menace de boycott ?

Tout est parti des révélations du Times de Londres, confirmées ensuite par le Financial Times : la FIFA prépare la création d’une filiale commerciale baptisée « FIFA Forward Enterprise » (FFE), valorisée à environ 20 milliards de dollars. Cette structure regrouperait les droits commerciaux des plus grandes compétitions de la fédération internationale, à savoir la Coupe du Monde masculine, la Coupe du Monde féminine et la Coupe du Monde des Clubs. Selon le projet, la FIFA ouvrirait le capital de cette filiale à des investisseurs extérieurs, pour lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, en échange de participations minoritaires et sans droit de contrôle.

L’UEFA a immédiatement dénoncé une initiative qu’elle juge inacceptable, estimant que la gouvernance et l’âme du football ne peuvent pas être traitées comme de simples produits financiers, surtout sans transparence sur les véritables bénéficiaires de l’opération. Pour l’instance européenne, aucune organisation, pas même la FIFA, n’est propriétaire du football au point de pouvoir en céder des parts.

Une réunion d’urgence pour préparer la riposte

Selon les informations de Sky Sports, relayées ensuite par de nombreux médias sportifs européens, les fédérations membres de l’UEFA doivent tenir cette semaine une réunion d’urgence en visioconférence. L’un des sujets centraux de cette rencontre : la possibilité d’un boycott pur et simple d’une prochaine Coupe du Monde si Gianni Infantino refuse de reculer sur son projet.

D’après plusieurs sources, c’est en priorité la Coupe du Monde féminine 2027, qui doit se dérouler au Brésil, qui serait visée par cette menace, celle-ci étant la prochaine échéance sur le calendrier international. L’édition masculine de 2030, organisée conjointement par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, avec quelques rencontres prévues en Argentine, en Uruguay et au Paraguay, n’est pour l’instant pas explicitement citée, mais plane comme un scénario possible si la crise venait à s’aggraver.

Si un tel boycott venait à se concrétiser, ce sont des nations parmi les plus puissantes du football mondial qui pourraient s’abstenir de participer : le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas ou encore le Portugal. Une absence collective de ce calibre représenterait un séisme sans précédent pour une compétition qui tire l’essentiel de sa valeur commerciale, sportive et médiatique de la participation des grandes nations européennes.

Un rapport de force déjà utilisé par le passé

Ce n’est pas la première fois que l’UEFA brandit la menace d’un boycott pour faire plier la FIFA. En 2021, une manœuvre similaire avait déjà porté ses fruits : face à la ferme opposition du président de l’UEFA Aleksander Čeferin, qui avait averti que les nations européennes ne participeraient pas à une Coupe du Monde organisée tous les deux ans, Gianni Infantino avait fini par abandonner ce projet de réforme du calendrier international.

L’UEFA semble donc miser une nouvelle fois sur ce rapport de force, conscient du poids déterminant de l’Europe dans l’écosystème du football mondial, que ce soit sur le plan sportif, économique ou en termes de base de supporters. Plusieurs présidents de fédérations nationales ont d’ailleurs déjà exprimé publiquement leur malaise face au projet de la FIFA. Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, a notamment indiqué avoir découvert les détails du projet par voie de communiqué, sans concertation préalable avec les fédérations concernées, et a jugé que cette initiative soulevait de nombreuses interrogations.

Vers un bras de fer prolongé entre la FIFA et l’UEFA ?

Pour l’instant, Gianni Infantino n’a pas officiellement réagi à la menace de boycott. Le président de la FIFA, réélu sans opposition et fort du succès du dernier Mondial, maintient pour le moment sa ligne : selon lui, l’organisation conserverait un contrôle exclusif sur la gouvernance sportive et réglementaire du football, les nouveaux investisseurs n’obtenant que des participations minoritaires sans pouvoir décisionnel.

Mais le climat de défiance semble s’installer durablement entre les deux instances. Derrière la question financière se joue en réalité une bataille plus large pour le contrôle du football mondial, entre une FIFA en quête de nouvelles sources de revenus et une UEFA soucieuse de préserver son influence et ses prérogatives face au pouvoir central de la fédération internationale.

La suite des événements dépendra en grande partie de l’issue de la réunion d’urgence des fédérations européennes cette semaine, et de la capacité de la FIFA à apaiser les tensions avant que la menace de boycott ne se transforme en une véritable crise ouverte, à quelques mois seulement de la Coupe du Monde féminine 2027.

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