Angleterre 1-2 Argentine : l’Albiceleste rejoint l’Espagne en finale

L’Argentine a renversé l’Angleterre (2-1) grâce à Fernández et Lautaro Martínez et retrouve l’Espagne en finale du Mondial 2026 le 19 juillet

Encore elle. Encore eux. Vainqueur surprise de l’édition 2022 face à la France, l’Argentine s’est offert une nouvelle fin de match renversante pour éliminer l’Angleterre (1-2) ce mercredi 15 juillet à Atlanta, et rejoint l’Espagne en finale de la Coupe du Monde 2026. Un scénario cruel pour les Three Lions, longtemps solides, mais rattrapés dans les vingt dernières minutes par une Albiceleste une fois de plus portée par sa capacité à ne jamais rien lâcher.

Un match cadenassé pendant une heure

La première période a été marquée par une prudence tactique manifeste des deux sélections, chacune consciente de l’enjeu d’une place en finale. Ni l’Angleterre de Thomas Tuchel ni l’Argentine de Lionel Scaloni n’ont véritablement pris le dessus dans le jeu, les deux équipes se neutralisant dans un match fermé, sans réelle occasion franche avant la pause.

Il aura fallu attendre la 55e minute pour voir le verrou sauter. Sur un centre précis de Morgan Rogers, Anthony Gordon a ouvert le score d’une frappe puissante, propulsant les Three Lions vers ce qui semblait alors être leur première finale de Coupe du Monde depuis 1966. Portée par cet avantage, l’Angleterre a ensuite semblé prendre le contrôle des débats, jusqu’à voir Alexis Mac Allister trouver le poteau argentin d’une tête puissante, signe que l’Albiceleste n’avait pas dit son dernier mot.

Le scénario renversant qui a fait basculer le match

Et c’est précisément là qu’intervient la marque de fabrique de cette génération argentine : la capacité à frapper au moment où l’adversaire y croit le moins. À la 85e minute, Enzo Fernández a été impliqué dans l’égalisation, transformant une position de force anglaise en un scénario dramatique typique des grandes soirées de l’Albiceleste. Puis, dans le temps additionnel (90e+2), Lautaro Martínez a inscrit le but victorieux, offrant à l’Argentine une qualification aussi spectaculaire que douloureuse pour des Anglais qui avaient pourtant fait la course en tête pendant plus de trente minutes.

Ce scénario n’est pas sans rappeler d’autres épisodes récents de l’histoire argentine en Coupe du Monde, cette équipe ayant déjà montré, notamment lors de sa conquête du titre en 2022, une capacité rare à renverser des situations qui semblaient pourtant mal engagées. Une nouvelle fois, l’influence de Lionel Messi, présent sur le terrain et impliqué dans la construction du jeu argentin en fin de match, a pesé lourd dans la physionomie de la rencontre.

Une Angleterre orpheline d’une première finale depuis 1966

Pour l’Angleterre, cette élimination a un goût particulièrement amer. Les Three Lions rêvaient de disputer leur toute première finale de Coupe du Monde depuis leur sacre historique de 1966, un chapitre qui obsède le football anglais depuis six décennies. Sous la direction de Thomas Tuchel, arrivé à la tête de la sélection en janvier, l’équipe avait pourtant traversé les éliminatoires et le tournoi avec une solidité inédite, ne concédant que très peu de buts sur l’ensemble de la campagne.

L’entrée en jeu tardive de plusieurs offensifs, dont Marcus Rashford, n’aura pas suffi à préserver l’avantage anglais face à des Argentins portés par un vestiaire rodé aux grandes occasions. Djed Spence, auteur d’un match solide sur son couloir, fait partie des rares satisfactions individuelles anglaises dans une soirée par ailleurs cruelle pour l’ensemble du groupe.

L’Argentine, une nouvelle fois au rendez-vous des grands soirs

Pour l’Argentine, cette qualification confirme le statut de nation référence du football mondial actuel. Championne du monde en titre depuis 2022, l’Albiceleste rejoint l’Espagne en finale et peut désormais viser un doublé historique, quatre ans après le sacre obtenu au Qatar face à la France. Sous la direction de Lionel Scaloni, resté en poste depuis cette conquête, l’équipe continue de conjuguer expérience collective et fraîcheur de certains talents plus jeunes intégrés au fil des campagnes internationales.

Le rôle de Lionel Messi, encore décisif dans le sillage du but victorieux, illustre la continuité remarquable de cette génération argentine, capable de conjuguer l’expérience de ses cadres historiques avec l’énergie de nouveaux venus comme Enzo Fernández, devenu l’un des hommes forts du milieu de terrain albiceleste ces dernières années.

Direction New York pour une finale entre deux favoris légitimes

L’Argentine retrouvera donc l’Espagne, tombeuse de la France (0-2) la veille à Dallas, dimanche 19 juillet au MetLife Stadium, pour une finale qui s’annonce comme un sommet entre les deux nations les plus impressionnantes de ce Mondial 2026. D’un côté, une Espagne intraitable défensivement, portée par la génération de Lamine Yamal. De l’autre, une Argentine rompue aux grands rendez-vous, portée par l’expérience de ses champions du monde en titre.

Ce choc aura également une saveur particulière sur le plan symbolique : l’Espagne cherche un deuxième sacre mondial, seize ans après celui de 2010, tandis que l’Argentine viserait un troisième titre de son histoire, le premier back-to-back de sa riche histoire footballistique.

Ce qu’il faut retenir de cette demi-finale

Au-delà du résultat, cette rencontre restera comme un nouvel exemple de la force mentale qui caractérise l’Argentine de Lionel Scaloni depuis plusieurs années : une équipe capable d’encaisser un coup dur, de rester organisée, et de frapper au moment décisif grâce à des individualités toujours prêtes à répondre présent dans le money time. Pour l’Angleterre, en revanche, cette désillusion vient rappeler la difficulté persistante à transformer des campagnes prometteuses en trophée majeur, un scénario déjà vécu à plusieurs reprises lors des précédentes compétitions internationales.

Le parcours de l’Angleterre jusqu’à cette désillusion

Avant cette désillusion, l’Angleterre avait pourtant réalisé un parcours solide dans ce Mondial 2026. Invaincus lors de la phase de groupes grâce à des victoires contre la Croatie et le Panama et un match nul face au Ghana, les Three Lions avaient ensuite validé leur billet pour les quarts de finale en écartant la RD Congo (2-1, grâce à un doublé de leur capitaine Harry Kane après avoir été menés), puis le Mexique, pays co-organisateur, au terme d’un scénario spectaculaire (3-2) dans l’ambiance électrique du stade Azteca. En quart de finale, l’Angleterre avait renversé la Norvège d’Erling Haaland (2-1 après prolongation) grâce à un doublé de Jude Bellingham, décisif tant en fin de temps réglementaire qu’en prolongation.

Ce parcours plaçait les hommes de Thomas Tuchel, technicien allemand arrivé à la tête de la sélection anglaise en janvier, en position de favoris légitimes pour cette demi-finale, avant que l’Argentine ne vienne rappeler à l’Angleterre le scénario qu’elle avait elle-même si souvent imposé à ses adversaires lors de ce tournoi : mener au score, avant de craquer dans le money time.

Le lot de consolation : la petite finale face à la France

Pour l’Angleterre, l’aventure nord-américaine ne s’arrête pas totalement sur cette désillusion. Les Three Lions affronteront l’autre grand vaincu des demi-finales, l’équipe de France, lors du traditionnel match pour la troisième place, programmé le 18 juillet, la veille de la grande finale. Une rencontre sans grand enjeu sportif, mais qui permettra aux deux nations éliminées aux portes de la finale de terminer leur campagne sur une note plus positive, dans un duel entre deux effectifs parmi les plus talentueux de la compétition.

Ce nouveau chapitre entre l’Angleterre et l’Argentine vient s’ajouter à une longue liste de confrontations marquantes en Coupe du Monde, une rivalité qui dépasse largement le seul cadre sportif depuis le conflit des Malouines au début des années 1980. Le souvenir le plus célèbre reste sans doute le quart de finale de 1986 au Mexique, où Diego Maradona avait inscrit deux buts entrés dans la légende : la “Main de Dieu”, validée malgré une faute évidente de la main, puis quelques minutes plus tard ce qui est resté connu comme le “but du siècle”, après un slalom individuel sur la moitié du terrain. Douze ans plus tard, en 1998, les deux nations s’étaient à nouveau affrontées en huitièmes de finale, un match marqué par l’exclusion de David Beckham et une élimination anglaise aux tirs au but. Cette nouvelle demi-finale de 2026, remportée sur le fil par l’Albiceleste, s’inscrit donc dans la continuité de duels historiquement à couteaux tirés entre les deux sélections, où l’Argentine a régulièrement eu le dernier mot dans les moments les plus décisifs.

Les enjeux individuels de cette qualification

Sur le plan individuel, cette demi-finale confirme la montée en puissance d’Enzo Fernández comme cadre incontournable du milieu de terrain argentin, capable de peser sur les matchs à élimination directe au moment le plus critique. Lautaro Martínez, décisif dans le temps additionnel, confirme quant à lui son statut de finisseur clé de cette génération albiceleste, une réputation déjà bâtie au fil de plusieurs compétitions internationales avec la sélection.

Du côté anglais, malgré la déception du résultat final, plusieurs individualités sortent renforcées de cette campagne mondiale, à commencer par Anthony Gordon, auteur d’un but important en demi-finale, et Morgan Rogers, à l’origine de l’ouverture du score par une passe décisive précise. Ces performances individuelles, même dans la défaite, laissent entrevoir un avenir prometteur pour cette génération anglaise emmenée par Thomas Tuchel, qui devra désormais tourner la page de cette désillusion pour préparer les échéances à venir, à commencer par l’Euro.

Ce que cette finale représente pour l’histoire du football mondial

Au-delà du simple résultat sportif, la finale Espagne-Argentine du 19 juillet s’annonce comme un affrontement entre deux modèles de réussite différents. L’Espagne incarne la continuité d’une école de jeu de position construite depuis près de deux décennies, tandis que l’Argentine illustre la force d’un collectif expérimenté, rodé aux pressions des grands rendez-vous depuis son sacre de 2022. Quel que soit le vainqueur, ce Mondial 2026 restera comme celui d’une hiérarchie mondiale confirmée, entre les deux nations les plus régulières du football international de cette décennie.

  • Date : dimanche 19 juillet 2026
  • Horaire : 21h (heure de Paris)
  • Stade : MetLife Stadium, New York/New Jersey
  • Affiche : Espagne vs Argentine
  • Diffusion (France) : à confirmer, probablement M6 ou beIN Sports comme pour les demi-finales

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