Côme et la Ligue des champions : un effectif restreint à 16-17 joueurs en raison des quotas UEFA

Qualifié pour la toute première fois de son histoire en Ligue des champions, le club italien de Côme pourrait être contraint de disputer la compétition avec un effectif limité à seulement 16 ou 17 joueurs, faute de disposer d’assez de joueurs formés localement pour respecter le règlement strict de l’UEFA sur les listes A.

L’ascension du Côme continue de surprendre le football italien, mais elle s’accompagne désormais d’un obstacle réglementaire inattendu. Qualifié pour la toute première fois de son histoire en Ligue des champions, le club lombard pourrait être contraint de disputer la compétition la plus prestigieuse du continent avec un effectif limité à seulement 16 ou 17 joueurs, une situation directement liée aux règles strictes de l’UEFA sur les joueurs formés localement.

Une ascension fulgurante qui rattrape sa direction sportive

Il y a deux ans à peine, Côme évoluait encore en Serie B, le deuxième échelon du football italien. La progression du club lombard depuis sa remontée dans l’élite a été spectaculaire, jusqu’à une quatrième place en Serie A la saison passée, synonyme de qualification inédite pour la Ligue des champions. Mais cette réussite sportive rapide n’a pas laissé le temps à la direction du club de structurer un centre de formation à la hauteur des exigences de la compétition continentale, un décalage qui se retourne aujourd’hui contre les ambitions européennes du club.

L’article 31, un règlement méconnu qui fait tout basculer

Au cœur de cette crise se trouve l’article 31 du règlement de la Ligue des champions, une disposition qui encadre strictement la composition des listes de joueurs autorisés à disputer la compétition. Ce règlement limite à 17 le nombre maximal de joueurs non formés localement pouvant figurer sur la liste A d’un club, les huit places restantes étant obligatoirement réservées à des joueurs formés au sein du club lui-même ou, plus largement, au sein de l’association nationale à laquelle il appartient.

Le problème pour Côme est structurel : le club ne dispose tout simplement pas, à l’heure actuelle, d’un nombre suffisant de joueurs répondant à ces critères de formation locale pour compléter les huit places réservées. La saison dernière, le club lombard ne comptait ainsi qu’un seul joueur italien dans son effectif professionnel, lequel n’a disputé qu’une seule minute de jeu sur l’ensemble de la saison, une statistique qui illustre à elle seule l’ampleur du déséquilibre entre le recrutement très international pratiqué par Côme ces dernières saisons et les exigences réglementaires de la Ligue des champions.

Les mots inquiets de Cesc Fàbregas

C’est l’entraîneur du club, l’Espagnol Cesc Fàbregas, qui a révélé cette situation délicate lors d’une conférence de presse organisée fin juillet. Le technicien a expliqué que son équipe, faute de disposer encore d’un centre de formation capable de répondre aux exigences réglementaires, pourrait se retrouver contrainte de disputer la Ligue des champions avec un effectif réduit à seulement 16 ou 17 joueurs. Selon lui, la seule solution durable consiste à former ses propres joueurs, un processus qu’il reconnaît lui-même comme long, ne pouvant raisonnablement aboutir en l’espace de deux ou trois saisons seulement.

Cette déclaration illustre la frustration d’un technicien pourtant habitué aux standards les plus élevés du football européen, contraint de composer avec une contrainte structurelle qui dépasse largement les seuls choix sportifs habituellement de son ressort.

Une liste A théoriquement composée de 25 joueurs

Pour bien mesurer l’ampleur du problème, il faut rappeler que la liste A de la Ligue des champions est théoriquement composée de 25 joueurs au total. Avec seulement 17 places disponibles pour des joueurs non formés localement, et un vivier de joueurs éligibles aux huit places réservées largement insuffisant en interne, Côme se retrouve donc dans l’incapacité de compléter intégralement sa liste, se privant ainsi d’un nombre significatif de joueurs par rapport à la plupart de ses adversaires européens, capables eux de present une liste complète de 25 éléments.

Un mercato estival mené en partie pour répondre à cette contrainte

Face à cette situation, la direction sportive du club lombard s’est activée sur le marché des transferts, avec l’ambition de renforcer autant que possible son contingent de joueurs éligibles. Parmi les renforts déjà actés cet été figure notamment Mattia Liberali, recruté en provenance de Catanzaro via la levée de sa clause libératoire fixée à six millions d’euros, une opération dont la moitié du montant reviendra à l’AC Milan en vertu d’une clause de intéressement conservée par le club rossonero. Cesc Fàbregas s’est montré particulièrement élogieux à l’égard de ce jeune joueur offensif, capable selon lui d’évoluer aussi bien en meneur de jeu qu’en faux numéro neuf.

Le club a également enregistré les arrivées de Lucas Da Cunha et de Kayke, ce dernier étant décrit par l’entraîneur espagnol comme un joueur à l’agressivité intéressante dans les duels, avec toutefois une marge de progression identifiée dans son jeu avec ballon. Un peu plus tôt dans l’année, dès le mois de janvier, le club avait déjà recruté le milieu de terrain Alessio Baralla en provenance d’Empoli, une autre pièce du puzzle destinée à renforcer le contingent de joueurs formés en Italie.

La piste Moise Kean, solution partielle à un problème structurel

Parmi les pistes de renforcement évoquées ces dernières semaines, le nom de l’attaquant international italien Moise Kean est régulièrement associé au club lombard. Son profil présenterait un double avantage pour Côme : renforcer sportivement l’effectif tout en apportant une réponse, au moins partielle, au manque de joueurs formés en Italie disponibles dans l’effectif actuel.

Miser sur la Primavera et les jeunes talents maison

Au-delà du seul marché des transferts, Côme mise également sur le développement de ses propres jeunes talents pour construire une solution plus durable à cette contrainte réglementaire. Le club peut notamment s’appuyer sur Riccardo Cassano, jeune milieu de terrain déjà remarqué avec les équipes de moins de 17 ans du club et intégré à plusieurs déplacements de l’équipe première en Serie A lors de la saison précédente, une trajectoire qui pourrait lui permettre de contribuer à moyen terme à résoudre cette équation réglementaire.

Signe de cette volonté de structurer davantage sa filière de formation, l’équipe Primavera du club lombard a également été promue en première division de sa catégorie, où le nouvel entraîneur Gianluca Falsini aura la responsabilité de continuer à développer le vivier de jeunes joueurs italiens dont Côme a aujourd’hui cruellement besoin pour ses ambitions européennes.

Un problème qui dépasse le seul cas de Côme

Cette situation, bien que particulièrement marquée dans le cas de Côme, met en lumière une problématique plus large à laquelle sont confrontés plusieurs clubs ayant connu une ascension rapide portée par un recrutement massivement international. La réglementation de l’UEFA, conçue à l’origine pour encourager les clubs à investir dans la formation de jeunes joueurs locaux plutôt que de dépendre exclusivement du marché des transferts, se révèle particulièrement contraignante pour les clubs dont la progression sportive a été plus rapide que la structuration de leur filière de formation interne.

Ce que cette situation représente pour l’avenir du club

Au-delà de la seule saison à venir, cette contrainte réglementaire pourrait bien redéfinir la stratégie de recrutement de Côme sur le moyen terme. Un club ambitionnant de s’installer durablement parmi l’élite du football européen ne pourra pas indéfiniment composer avec un effectif amputé de plusieurs places sur sa liste continentale, ce qui devrait logiquement pousser la direction sportive à investir plus massivement dans son centre de formation et à privilégier, au moins partiellement, le recrutement de jeunes joueurs italiens dans les saisons à venir.

Conclusion

Symbole de la progression fulgurante du football lombard ces dernières saisons, la qualification de Côme pour sa première Ligue des champions se heurte donc à un obstacle inattendu, davantage administratif que sportif. Entre mercato ciblé, intégration accélérée de jeunes talents maison et développement de la Primavera, le club devra multiplier les solutions pour ne pas aborder sa grande première européenne dans une position de faiblesse numérique face à des adversaires disposant, eux, de listes de joueurs au complet.

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